Le label QualiRépar vous permet de proposer le bonus réparation à vos clients. Pour l’obtenir, vous devez prouver lors de l’audit que votre personnel technique dispose des habilitations requises pour les réparations qu’il réalise, mais le référentiel ne cite aucun symbole : c’est à vous, employeur, de choisir le bon niveau selon ce que font vos techniciens. Pour un atelier de réparation multimédia ou d’électroménager, deux habilitations répondent à la plupart des situations, le H0B0 et le BE Essai, complétées par le BE Mesurage quand un technicien recherche les pannes sous tension. La formation habilitation électrique H0B0 en ligne règle le premier cas en quelques heures, sans fermer l’atelier.
⚡ L’essentiel à retenir
Ce que le référentiel QualiRépar exige de vos techniciens

Le label QualiRépar est une certification qui a été créée à l’initiative d’ecosystem et d’Ecologic, deux éco-organismes agréés par l’État pour la gestion des déchets d’équipements électriques et électroniques ménagers et professionnels. La demande de labellisation passe par un portail unique, puis l’un des organismes certificateurs indépendants mandatés, comme SGS ou Bureau Veritas, réalise l’audit. Une fois labellisé, le réparateur peut appliquer le bonus réparation. Le label découle de la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (loi AGEC), qui oblige les éco-organismes à participer au financement des réparations effectuées par un réparateur labellisé, avec un objectif d’allongement de la durée de vie des équipements. Le référentiel a été refondu en 2025 pour rendre la labellisation plus accessible aux réparateurs.
Le référentiel de labellisation pose l’exigence en ces termes : « Le personnel technique dispose des qualifications et habilitations requises pour les activités de réparation conformément aux fiches métiers figurant dans l’Annexe 2. » Les fiches métiers (gros et petit électroménager, du lave-linge au grille-pain, téléviseurs, audio-vidéo, consoles, informatique, outillage électrique) reprennent la même exigence : une habilitation et sa mise à jour pour le personnel technique disposant d’un contrat de travail, donc soumis au Code du travail.
Le référentiel ajoute deux conditions sur le personnel :
- le technicien qui encadre justifie d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle dans la réparation (interventions techniques, gestion de dossiers clients, encadrement) ;
- chaque technicien a une formation, un diplôme ou une expérience en électromécanique, électronique ou électrotechnique (SAV).
La labellisation est attribuée pour trois ans, avec un audit initial et un audit de suivi à 18 mois. L’organisme certificateur contrôle les preuves de qualifications, d’habilitations et de formations de chaque technicien. Les justificatifs cités par les fiches métiers sont l’attestation délivrée par l’organisme de formation et la traçabilité des mises à jour de compétences.
Les fiches ne citent ni « H0B0 » ni « BR ». L’annexe réglementaire du label renvoie à la norme NF C 18-510, qui fixe le symbole selon la nature des opérations. Le choix dépend donc de ce que font vos techniciens au quotidien : il faut savoir s’ils travaillent à proximité de pièces nues sous tension sans y toucher, et s’ils réalisent des essais d’isolement ou diélectriques sur les appareils réparés.
Les étapes de la labellisation QualiRépar
La labellisation se déroule en trois étapes : la validation du dossier de recevabilité, l’audit d’évaluation sur justificatifs, puis la décision du Comité de labellisation au vu des conclusions de l’audit. Une fois la recevabilité validée et l’audit payé à l’organisme certificateur, l’entreprise dispose de 3 mois pour soumettre ses justificatifs, et l’audit initial comme l’audit de suivi se font sur documents.
L’évaluation porte sur sept thèmes, qui forment les critères du label :
- l’information du consommateur ;
- la traçabilité et la conformité des pièces détachées ;
- un parcours de réparation fluide et une relation de confiance avec le consommateur ;
- la régularité des contrôles qualité ;
- la gestion des déchets ;
- la qualification, la sécurité et les moyens techniques adaptés à la réparation ;
- le contrôle du respect des règles du label.
L’habilitation électrique relève du sixième thème, celui de la qualification et de la sécurité. La labellisation couvre le personnel qui accueille le client (accueil du service après-vente, hotline) et le personnel technique, encadrement compris, sans compter les stagiaires et apprentis. Les réseaux et les franchises peuvent présenter une candidature multisites : un nombre de sites égal à la racine carrée du nombre total de sites est alors contrôlé au cours du cycle de trois ans. Pour un réparateur qui intervient au domicile du consommateur, l’organisme peut exiger, lors d’un audit complémentaire sur site, la présence d’au moins un technicien.
Le H0B0 pour travailler à proximité de pièces nues sous tension
Le H0B0 couvre le technicien qui réalise des opérations d’ordre non électrique dans la zone de voisinage d’une pièce nue sous tension. En atelier de réparation multimédia, c’est la situation la plus fréquente : on démonte une coque ou on remplace un composant mécanique pendant qu’un poste voisin reste alimenté, ou qu’une alimentation de laboratoire tourne sur l’établi.
Selon la NF C 18-510 :
- le chiffre 0 caractérise le personnel réalisant des travaux d’ordre non électrique ;
- le titulaire peut travailler dans la zone de voisinage simple, dite zone 1 ;
- en basse tension, cette zone s’étend de 3 m (distance limite de voisinage simple) jusqu’à 30 cm de la pièce nue sous tension (distance minimale d’approche).
Sous les 30 cm, on entre dans la zone de voisinage renforcé, la zone 4. La norme précise à ce sujet : « Seules, les opérations d’ordre électrique y sont autorisées ». Pour visualiser ces limites sur un plan d’atelier, l’article sur les distances et les zones de la NF C 18-510 reprend chaque seuil avec schéma.
La formation H0B0 porte en grande partie sur le repérage de ces zones dans l’atelier, par exemple autour d’un appareil ouvert et encore branché sur le poste d’à côté. Le détail de ce que ce symbole autorise est présenté dans l’article que peut-on faire avec une habilitation H0B0.
Un technicien habilité H0B0 prend une mesure de tension sur une carte d’alimentation branchée pour « vérifier vite fait » avant de refermer l’appareil. C’est une opération d’ordre électrique, dans la zone des 30 cm, qui relève du BE Mesurage : son symbole ne la couvre pas. En cas d’électrisation, l’employeur devra expliquer à l’inspection du travail pourquoi il a confié cette tâche à un salarié qui n’était pas habilité à la faire.
Le BE Essai pour les essais d’isolement et les essais diélectriques
Dès que vos techniciens font des essais d’isolement ou des essais diélectriques sur les appareils réparés, le symbole adapté est le BE Essai. La NF C 18-510 le réserve aux essais réalisés en laboratoire, sur plate-forme d’essais ou en fabrication en série, ce qui correspond au banc de test d’un atelier de réparation.
Le chargé d’essais habilité BE Essai peut réaliser des essais en basse tension et opérer dans les zones 1 et 4, donc à moins de 30 cm des pièces nues sous tension, ce que le H0B0 interdit. Si son titre le prévoit, il peut aussi consigner pour son propre compte.
La recherche de panne relève d’un autre symbole : relever une tension ou une intensité sur un appareil branché pour localiser un défaut est un mesurage, couvert par le BE Mesurage, qui autorise les mesurages en basse tension dans les zones 1 et 4, sans droit de consigner ni de modifier l’appareil. Le technicien qui diagnostique les pannes sous tension et celui qui passe les appareils réparés au banc n’ont donc pas forcément le même titre.
Ces essais sont prévus par la norme européenne EN 50678, qui fixe la procédure de vérification des appareils après réparation : continuité du conducteur de protection, tenue de l’isolation, absence de pièce métallique desserrée ou oubliée dans l’appareil. Elle s’applique aux appareils de plus de 25 V en alternatif et 60 V en continu, jusqu’à 1 000 V en alternatif et 1 500 V en continu, soit la plupart des appareils d’électroménager et des équipements branchés sur secteur.
La NF C 18-510 impose aussi une organisation de la zone d’essai : elle doit être matérialisée et signalée, et l’accès de quiconque y est réglementé par une instruction de sécurité. Un banc diélectrique posé au milieu de l’atelier, sans balisage ni instruction de sécurité, ne répond pas à cette exigence.
Quelle habilitation pour quelle opération d’atelier ?
Le tableau suivant donne le symbole adapté aux tâches courantes d’un atelier labellisé ou en cours de labellisation.
| Opération en atelier | Zone concernée | Habilitation adaptée |
|---|---|---|
| Démontage, remplacement de composant mécanique sur appareil débranché, poste voisin sous tension | Zone 1 (entre 3 m et 30 cm) | H0B0 |
| Nettoyage, reconditionnement sur un établi où tourne une alimentation de laboratoire | Zone 1 | H0B0 |
| Manutention et rangement dans un local où des bancs sont alimentés | Zone 1 | H0B0 |
| Mesure de tension ou d’intensité sur un appareil branché, pour rechercher une panne | Zones 1 et 4 | BE Mesurage |
| Essai d’isolement sur un appareil réparé | Zones 1 et 4 | BE Essai |
| Essai diélectrique (tenue en tension) sur banc | Zones 1 et 4, zone d’essai balisée | BE Essai |
| Contrôle de continuité du conducteur de protection après réparation | Zones 1 et 4 | BE Essai |
Deux ateliers, deux profils d’habilitation
Scénario 1, l’atelier de réparation multimédia. Trois techniciens sont chargés de réparer consoles, ordinateurs fixes, écrans et téléviseurs. Les appareils sont débranchés avant ouverture, mais l’établi partagé accueille une alimentation stabilisée et deux appareils en test de fonctionnement, et l’atelier ne pratique pas d’essai d’isolement. Les trois techniciens travaillent en zone 1 sans jamais intervenir sur un élément sous tension : le H0B0 couvre leurs opérations. L’employeur les fait former, leur remet un titre d’habilitation signé, et les justificatifs du personnel sont prêts pour le contrôle documentaire.
Scénario 2, l’atelier de service après-vente électroménager. Le chef d’atelier, habilité BE Mesurage, diagnostique les pannes en prenant des mesures sur les appareils branchés. Deux techniciens remplacent ensuite pompes, résistances et cartes électroniques sur lave-linge, lave-vaisselle et fours. Après chaque réparation, l’appareil passe sur un banc qui réalise la mesure d’isolement et l’essai diélectrique, comme le prévoit l’EN 50678. Ces deux techniciens opèrent sur le banc en zone 4 : leur titre porte le BE Essai, en plus du H0B0 pour leurs opérations non électriques. Un troisième salarié, chargé de la réception des appareils et du stockage à côté du banc, reste en zone 1 et relève du H0B0.
Dans les deux cas, pensez aux équipements de protection du technicien. Les fiches métiers QualiRépar listent des équipements de protection selon les familles d’appareils (gants, lunettes, équipement antistatique…), et les EPI pour l’habilitation électrique complètent cette liste pour les opérations au voisinage des installations sous tension.
Ce que l’auditeur QualiRépar vérifie dans le dossier du personnel
Pour chaque technicien, l’auditeur attend l’attestation délivrée par l’organisme de formation, le titre d’habilitation signé par l’employeur et la preuve de sa mise à jour. Le référentiel parle d’habilitation « et mise à jour » : un titre délivré il y a six ans sans recyclage expose à une non-conformité.
La NF C 18-510 rappelle que c’est l’employeur qui délivre l’habilitation, contre signature, à la personne placée sous son autorité, et l’attestation remise par l’organisme de formation ne remplace pas ce titre. L’article sur comment remplir un titre d’habilitation électrique détaille les champs à compléter, dont le domaine de tension et les opérations autorisées.
Le thème qualification et sécurité du référentiel impose aussi de tenir à jour l’identification des risques professionnels, avec le document unique d’évaluation des risques professionnels comme élément de preuve. Le risque électrique de chaque poste d’atelier doit y figurer, et le choix du symbole d’habilitation découle de cette évaluation. Le référentiel demande enfin des moyens techniques adaptés à la nature des réparations et maintenus conformément aux normes en vigueur, ce qui concerne aussi le banc d’essai.
Deux échéances à suivre pour chaque salarié habilité :
- l’habilitation doit être examinée au moins une fois par an et à chaque changement de contexte de travail ;
- la périodicité recommandée du recyclage est de 3 ans, la même durée que le cycle de labellisation QualiRépar.
Ce que le label change pour vos clients
Côté client, le bonus réparation est une aide financée par le Fonds Réparation des éco-organismes, déduite directement de la facture pour un appareil éligible et hors garantie. Il ne concerne que les réparations vendues à des consommateurs en France, métropole et DROM-COM compris, et seul un réparateur labellisé peut l’appliquer. Le label impose une facture détaillée qui mentionne le montant de la réparation éligible, la part prise en charge par le Fonds Réparation, la mention de la garantie obligatoire de 3 mois minimum et le reste à charge du consommateur, sachant qu’un simple diagnostic de panne n’est pas éligible.
Avant d’engager la réparation, le réparateur informe le consommateur sur le prix de l’intervention, sous la forme d’un budget maximal, d’un barème de prix forfaitaires ou d’un devis détaillé, en précisant si le devis est gratuit ou payant. Les tarifs de main-d’œuvre sont affichés au point d’accueil et sur le site internet du réparateur. La labellisation suppose aussi une certaine modération des tarifs publics hors taxe, et le réparateur s’engage à répondre à toute réclamation du consommateur.
FAQ
Non, le référentiel exige une habilitation à jour pour le personnel technique disposant d’un contrat de travail, sans citer de symbole. L’employeur détermine le niveau selon la NF C 18-510 et les opérations confiées au technicien : H0B0 pour un travail près de pièces nues sous tension sans y intervenir, BE Mesurage pour les mesures de recherche de panne, BE Essai pour les essais d’isolement ou diélectriques sur banc. Le jour de l’audit, l’organisme certificateur vérifie la cohérence entre le titre d’habilitation, l’attestation de formation et les tâches confiées.
Oui, à condition que l’organisme de formation remette une attestation. Le référentiel demande des éléments justificatifs : attestation ou certificat de l’organisme de formation et traçabilité du parcours. Une formation H0B0 en ligne qui associe modules théoriques et mise en situation avec un formateur fournit ces justificatifs, et l’employeur signe ensuite le titre qu’il remet au salarié.
Non, l’essai d’isolement est une opération d’ordre électrique, et le H0B0 ne couvre que les opérations d’ordre non électrique. Pour les essais sur un banc d’atelier, la NF C 18-510 prévoit le BE Essai, qui autorise à opérer en zones 1 et 4 en basse tension. Confier un essai d’isolement à un technicien H0B0 engage la responsabilité de l’employeur en cas d’accident, puisque la tâche dépasse le périmètre du titre qu’il a lui-même délivré.
La NF C 18-510 ne fixe pas de date d’expiration pour les habilitations H0B0 ou BE Essai. Elle impose un examen de l’habilitation au moins une fois par an et recommande un recyclage tous les 3 ans. Le référentiel QualiRépar parle d’habilitation « et mise à jour » : un titre ancien sans recyclage ne suffit pas. L’article sur la durée de validité de l’habilitation électrique détaille les bonnes pratiques de suivi.
Si ce salarié travaille dans un local où des appareils ou des bancs restent sous tension, à moins de 3 m d’une pièce nue, il se trouve en zone de voisinage simple et relève du H0B0. S’il ne pénètre jamais dans l’atelier, l’habilitation n’est pas nécessaire pour son poste. Le plus simple est de tracer les zones de 3 m et de 30 cm autour des bancs et appareils sous tension sur le plan de votre atelier, puis d’y placer chaque poste de travail. Vos techniciens font des essais sur banc en fin de réparation ? La formation habilitation électrique BE Essai couvre les essais d’isolement, diélectriques et de continuité en basse tension.